En 2016, 20 % des Français déclaraient être déjà passés à l’action pour contribuer à résoudre un enjeu de société. En 2026, ils sont 39 %.
Dix ans après la première étude sur le sujet portée par Ticket for Change et le cabinet Occurrence (Ifop Group) le Baromètre du pouvoir d’agir 2026 montre une progression encourageante. Il révèle également un défi essentiel : celui de permettre au plus grand nombre de transformer son envie d’agir en action concrète au service de la société, puisque 92 % des Français déclarent avoir envie d’agir.

Pourquoi ce baromètre ?
En 2016, notre première étude sur le sujet mettait en lumière un paradoxe : 94 % des Français avaient envie d’agir pour la société, mais seuls 20 % étaient déjà passés à l’action. Nous parlions alors de « gâchis de talents » : une immense envie d’agir qui restait, pour beaucoup, au stade de l’intention. Dix ans plus tard, le contexte a profondément changé. Les crises écologiques, sociales, démocratiques et géopolitiques se sont multipliées. Alors, où en est le pouvoir d’agir des Français ?
Cette nouvelle édition du Baromètre cherche à mesurer l’évolution de l’envie d’agir et du passage à l’action depuis 2016, mais aussi à mieux comprendre les leviers et les freins au passage à l’action, ainsi que les différents profils d’engagement qui composent aujourd’hui la société française.
Enseignements majeurs et chiffres clé
1. Le pouvoir d’agir des Français a doublé en dix ans
C’est probablement le résultat le plus encourageant de cette nouvelle édition. L’envie d’agir reste extrêmement forte : 92 % des Français déclarent avoir envie d’agir pour contribuer à un enjeu de société, un niveau proche de celui observé en 2016 (94 %). Mais surtout, le passage à l’action progresse fortement : 39 % des Français sont aujourd’hui déjà passés à l’action, contre 20 % il y a dix ans. Le pouvoir d’agir progresse donc mais le chemin entre l’envie, l’idée et l’action reste encore à raccourcir : aujourd’hui, une part importante des Français souhaite contribuer sans encore réussir à concrétiser cette envie.
2. Une jeunesse engagée qui déjoue les idées reçues

Anxieuse, désabusée, fataliste, peu engagée… Les idées reçues sur la jeunesse ont la vie dure et pourtant, les résultats du baromètre racontent une autre histoire. Les 18-28 ans sont plus nombreux que les plus de 28 ans à avoir des idées et à passer à l’action :
- 52 % ont déjà eu une idée pour contribuer à un enjeu de société, contre 40 % chez les plus de 28 ans,
- 51 % sont déjà passés à l’action, contre 40 % chez les plus de 28 ans,
- Ils sont également beaucoup plus nombreux à se dire prêts à créer une structure de l’ESS : 54 % contre 27 % chez les plus de 28 ans.
Ils déclarent également agir plus souvent dans des cadres associatifs ou professionnels, et se montrent particulièrement sensibles à des sujets comme la santé mentale, l’emploi ou les réseaux sociaux et la désinformation. La jeunesse n’est donc pas une génération en retrait, bien au contraire.
3. Pour passer à l’action, le développement de la confiance en soi est un indispensable
L’envie d’agir ne suffit pas. Cette étude montre au contraire que plusieurs conditions permettent de franchir le pas. Chez les Français déjà passés à l’action, les principaux leviers cités sont le temps disponible (36 %), la confiance en soi (35 %) et le bon moment dans la vie (31 %).
À l’inverse, chez celles et ceux qui ne sont pas encore passés à l’action, le manque de temps reste le premier frein (42 %), suivi de la confiance en soi (40 %) et des moyens financiers (36 %).
La confiance en soi apparaît ainsi comme un levier particulièrement important : pour permettre à davantage de personnes d’agir, il ne suffit pas de donner envie. Il faut aussi développer les ressources, les compétences et la confiance nécessaires pour se sentir capable de passer à l’action. C’est aussi ce que montrent les compétences citées par les répondants comme importantes pour agir : la compréhension des enjeux sociaux et environnementaux, la capacité à passer à l’action, l’adaptation, la connaissance et la confiance en soi, la capacité à apprendre de ses erreurs ou encore les compétences relationnelles figurent parmi les plus citées.
En bref
- 51 % des 18-28 ans déclarent être déjà passés à l’action, contre 40 % des plus de 28 ans.
- 92 % des Français déclarent avoir envie d’agir pour des sujets de société qui leur tiennent à cœur.
- 39 % ont une idée pour contribuer à résoudre des enjeux sociaux ou environnementaux.
- 39 % sont déjà passés à l’action. C’est presque deux fois plus qu’en 2016, où ils n’étaient que 20 %.
- 52 % des 18-28 ans ont déjà eu une idée pour contribuer à un enjeu de société, contre 40 % des plus de 28 ans.
Aller vers une société du pouvoir d’agir
Cette enquête offre une photographie, à un instant donné, de l’état du pouvoir d’agir des Français. Elle fait également émerger une conviction : face aux crises démocratiques, sociales, écologiques et géopolitiques que nous traversons, renforcer le pouvoir d’agir de chacune et chacun d’entre nous est un levier essentiel pour imaginer et construire un futur désirable.
Pour que cette dynamique bénéficie à toutes et tous, la confiance en soi et en sa capacité à agir, l’action collective et le développement de compétences adaptées constituent des leviers déterminants.
Depuis plus de 10 ans, Ticket for Change agit en ce sens : donner confiance, développer les compétences, créer des collectifs et faire vivre des expériences qui permettent à chacun de passer de l’envie à l’action pour contribuer à un monde juste et durable.
Mais aucune organisation ne pourra, seule, faire émerger une véritable société du pouvoir d’agir. Cette transformation nécessite des alliances, le soutien d’un écosystème associatif riche et engagé et la mobilisation de tous les acteurs de l’engagement.
Nous espérons que ce Baromètre du pouvoir d’agir sera repris, discuté, approfondi et enrichi par d’autres regards.
Découvrez les résultats complets du Baromètre du pouvoir d’agir 2026
Envie d’aller plus loin ?
Découvrez les résultats détaillés de l’étude, les 4 profils d’engagement, les freins et leviers du passage à l’action, un focus consacré à la jeunesse ainsi que les regards d’expertes du pouvoir d’agir (Elsa Da Costa, DG d’Ashoka France, Joséphine Bouchez, DG de Ticket for Change, et Claire Thoury, Présidente du CESE et du Mouvement Associatif).
Méthodologie
Le Baromètre du pouvoir d’agir 2026 a été réalisé par Ticket for Change avec le cabinet d’études Occurrence auprès de 1 501 répondants représentatifs de la société française. Le recueil a été réalisé en ligne du 17 au 23 avril 2026. L’étude comporte une marge d’erreur statistique de ± 2,5 points. Comme toute enquête déclarative, ses résultats reflètent les perceptions des répondants au moment de l’étude et sont susceptibles d’être influencées par le contexte de la période.